Si Paris l’avait su de Terence Fisher et Anthony Darnborough

Cette semaine parmi les films à ne pas manquer dans les salles parisiennes il y a la reprise d’un film anglais de 1950 : Si Paris l’avait su (So Long at the Fair) de Terence Fisher et Anthony Darnborough, distribué par Swashbuckler. Terence Fisher est connu pour avoir révolutionné le cinéma fantastique en 1956 avec Frankenstein s’est échappé, premier chapitre d’une relecture géniale de la création de Mary Shelley, suivi un an plus tard du Cauchemar de Dracula (première adaptation de Bram Stoker – et premier film de vampires – en couleurs). Avant cela, Fisher avait réalisé 28 films depuis 1947, petites productions britanniques assez obscures dont on ne sait pas grand-chose et qui sont pour la plupart – sinon toutes – inédites en France. Un seul titre de cette période bénéficie d’une excellente réputation – méritée – Si Paris l’avait su signé avec le producteur Anthony Darnborough. Il s’agit d’une angoissante enquête policière qui flirte avec le fantastique, genre dans lequel Fisher passera maître quelques années plus tard. Une jeune anglaise, Vicky Barton, et son frère John arrivent à Paris pour visiter l’Exposition Universelle de 1889. Le lendemain de leur installation à l’hôtel, le frère a disparu. Tous prétendent que la jeune fille est arrivée seule. Ne pouvant compter sur l’aide de la police, terrifiée par les propriétaires de l’hôtel qu’elle imagine au cœur d’une machination criminelle, Vicky se retrouve seule dans une ville étrangère et hostile à la recherche d’un témoin capable de valider sa version des faits. Il existe, mais elle ne le sait pas, en la personne d’un jeune et séduisant peintre auquel son frère avait prêté de l’argent dans le hall de l’hôtel, la nuit précédant sa disparition.
Ce suspens infernal se conclut par une révélation surprenante qu’on ne dévoilera pas ici car elle est difficilement prévisible par les spectateurs et ajoute au plaisir et au caractère exceptionnel de ce film dont Alfred Hitchcock n’aurait pas renié certaines séquences (la poursuite d’un témoin qui s’envole dans un ballon pendant l’exposition universelle.) On est captivé par la situation cauchemardesque dans laquelle l’héroïne est plongée, mais aussi séduit par le raffinement de la mise en scène et de la reconstitution historique. Si Paris l’avait su bénéficie du talent et de la beauté de ses jeunes vedettes, à l’orée d’une prestigieuse carrière internationale : Jean Simmons deux ans avant son premier grand rôle hollywoodien, Un si doux visage d’Otto Preminger, parfaite en jeune victime, et le séduisant Dirk Bogarde qui n’avait pas encore rencontré Joseph Losey mais était déjà un remarquable acteur.

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