Mannaja, l’homme à la hache de Sergio Martino

affiche de Mannaja, l'homme à la hache

affiche de Mannaja, l’homme à la hache

Maurizio Merlin est Mannaja, l'homme à la hache

Maurizio Merlin est Mannaja, l’homme à la hache

Nous pouvons prédire sans trop de risque que la sortie française de Django Unchained en janvier prochain nous invitera à parler un peu du western italien, qui nous a occupé pendant de (trop) longues années et auquel Quentin Tarantino rend hommage dans son nouveau film. Autant commencer avec plusieurs mois d’avance avec l’un des titres les moins commentés du genre, et pour cause. Mannaja, l’homme à la hache (Mannaja, 1977) appartient à la période terminale du western italien qui ne trouva comme dérivatif à la parodie massacrante qu’une trilogie mélancolique, cruelle et crépusculaire : 4 de l’Apocalypse de Lucio Fulci (1975), Keoma d’Enzo G. Castellari (1976) et Mannaja, l’homme à la hache de Sergio Martino. On parle aussi de Sella d’argento de Lucio Fulci (1978, jamais vu). Si Martino emprunte au film de Castellari son esthétique boueuse, sa construction en flash backs et les mélopées plaintives des frères De Angelis, on retrouve dans ce sombre et sylvestre western des réminiscences gothiques qui rappellent que le réalisateur débuta comme assistant sur Le Corps et le Fouet de Mario Bava. En effet, l’entrée en scène de John Steiner, comédien britannique vu souvent chez Tinto Brass et Antonio Margheriti, spécialisé dans les rôles ambigus, et qui campe ici le méchant tout de noir vêtu, silhouette décharnée filmée en contre-plongée avec des dogues en laisse, cite évidemment la première apparition de Barbara Steele dans Le Masque du démon. Le film baigne dans des brumes qui ont comme chez Roger Corman la double fonction de masquer la pauvreté du budget et d’enfouir le film dans une atmosphère cauchemardesque. En témoigne la fulgurante scène d’ouverture, la meilleure jamais filmée par Martino, extraordinaire chasse à l’homme dans une forêt. On aura compris que Mannaja, l’homme à la hache est un western qui emprunte ses images au cinéma fantastique, genre auquel ce forban de Martino, malgré sa versatilité, fut le plus attaché (voir ses « gialli » horrifiques, ses films d’aventures teintés de surnaturel et même ses documentaires « mondo » qui recèlent de nombreuses scènes de sorcellerie ou magie noire, prémonitoires de L’Alliance invisible). Si les « gialli » de Sergio Martino sont la manifestation exemplaire d’un cinéma morbide par excellence, Mannaja, l’homme à la hache est quant à lui un film mortuaire, marqué par la maladie, les cicatrices et les stigmates présents jusque dans le maquillage de ses interprètes (Philippe Leroy vieilli et paralysé, Donal O’Brien amputé de la main), qui enterre dans la douleur et des soupirs de lamentation le western européen, bâtard, moribond dès la naissance.

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