Zoolander de Ben Stiller

Zoolander (2001)

Zoolander (2001)

Ignoré par la critique au moment de sa sortie en salles en 2001, bide mondial, Zoolander méritait davantage que le silence ou le mépris. J’ai vu le film dans une salle presque vide des Champs-Elysées alors qu’il était déjà en fin d’exploitation. Cette comédie populaire s’est bizarrement retrouvée avec le statut d’une œuvre confidentielle comme si la charge caricaturale de son propos était trop sophistiquée et subtile pour le grand public. Mais ce statut n’a pas duré longtemps car Zoolander (comme Scarface ou Showgirls, films avec lesquels il partage certaines qualités) s’est vite transformé en véritable film culte et même en succès grâce au DVD et à la télévision et a élargi les rangs de ses amateurs et admirateurs, au point que Stiller en prépare une suite. Il s’agit d’une satire très drôle de la célébrité et du monde de la mode qui confirme tout le bien que l’on peut penser de Ben Stiller, un acteur souvent hilarant mais aussi un curieux cinéaste. Son film précédent, Disjoncté (The Cable Guy, 1996) avait en effet révélé la face sombre de Jim Carrey plutôt inquiétant en installateur du câble psychopathe. Son film suivant, Tonnerre sous les tropiques (Tropic Thunder, 2008) n’était pas mal non plus. Derek Zoolander (Stiller) est un top model totalement débile, superficiel et narcissique. Le vide qui règne dans sa tête attire l’attention d’une puissante organisation secrète qui utilise les mannequins mâles comme des machines à tuer : ces marionnettes humaines sont en parfaite condition physique et leur cerveau est aussi malléable que de la pâte à modeler. Zoolander est ainsi programmé à son insu pour tuer le premier ministre malaisien qui souhaite interdire le travail des enfants dans les usines de vêtements. À cette intrigue d’espionnage s’ajoute la rivalité entre deux modèles, Zoolander et le hippie Hansel (Owen Wilson, génial). Zoolander est un pro du look facial (il a inventé les fameux regards « magnum » et « blue steel »), mais un handicap honteux (il n’arrive pas à tourner à gauche) risque de compromettre sa carrière sur les podiums. Le trophée du top model de l’année lui échappe au profit de Hansel. Lors d’un accrochage dans une boîte de nuit les deux ennemis se lancent un défi défilé (comprenne qui verra) arbitré par David Bowie avant de devenir pote le temps d’une partouze de nains. Puisant dans le réservoir de l’idiotie contemporaine, source intarissable de situations comiques et de gags, le film peut également se regarder comme une adaptation pirate et déjà parodique du grand roman Glamorama de Brett Easton Ellis avec son univers artificiel, sa culture du vide et ses « fashion conspirations ». Le personnage de Zoolander fut inventé par Ben Stiller à l’occasion d’une soirée de remise de prix à la télévision. Le film comporte de nombreuses scènes et répliques d’anthologie. Dans les rôles des méchants, Will Ferrell et Milla Jovovich sont eux aussi inoubliables. Sans doute ma comédie américaine contemporaine préférée avec Dodgeball (2004), Les Rois du patin (Blades of Glory, 2007), Rien que pour vos cheveux (You Don’t Mess with the Zohan, 2008) et surtout l’insurpassable Une nuit au Roxbury (A Night at the Roxbury, 1998). A suivre.

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