6 Femmes pour l’assassin de Mario Bava

6 Femmes pour l'assassin, l'assassin

6 Femmes pour l’assassin, l’assassin

Des jeunes modèles dans une maison de haute couture romaine sont une à une brutalement éliminées par un tueur masqué. Alors que Le Masque du démon (La maschera del demonio, 1960) consacrait Bava, longtemps directeur de la photographie, comme un maître du noir et blanc et de l’ombre et la lumière, un descendant direct de l’expressionnisme, 6 Femmes pour l’assassin (Sei donne per l’assassino, 1964) marque l’aboutissement flamboyant d’une magnifique réflexion sur la couleur amorcée dans Le Corps et le Fouet (La frusta e il corpo, 1963) et Les Trois Visages de la peur (I tre volti della paura, 1963). C’est aussi l’acte de naissance officiel du « giallo », thriller italien fortement teinté de sadisme et d’érotisme, après le plus inoffensif La fille qui en savait trop (La ragazza che sapeva troppo, 1963). Le film demeure aujourd’hui d’une exceptionnelle violence, à peine édulcorée par le caractère presque abstrait des situations. Il s’agit d’une ronde macabre, construite autour du principe de la réaction en chaîne, dans laquelle Bava épingle les vices et les infirmités de ses personnages à la manière d’un entomologiste cruel. Grâce à la couleur (Bava restera son propre directeur de la photographie sans être crédité au générique) et la mise en scène, Bava déréalise décors, scénario et même acteurs. Les protagonistes du film apparaissent en effet dès le générique, immobiles au milieu de mannequins d’osier, figés dans des postures de statues et nimbés de lumières criardes. Splendide musique de Carlo Rustichelli en forme de ritournelle obsédante et lugubre. On retrouvera les mêmes principes maniéristes dans d’autres grands films suivants de Bava, Operazione paura (1966), L’Ile de l’épouvante (5 bambole per la notte d’agosto, 1970), Il rosso segno della follia (1970), La Baie sanglante (Reazione a catena, 1971), Lisa e il diavolo (1974), Les Démons de la nuit (Shock, 1977). Le chef-d’œuvre de Bava apparaît comme un titre séminal de l’histoire du cinéma criminel. Il a inspiré, pour le meilleur et le pire, de nombreux cinéastes de genre du monde entier. Dario Argento, quant à lui, a assuré la descendance stylistique du Maître en se livrant à son tour à un extravagant travail de coloriste dans ses films d’horreur et à des jeux pervers sur l’identité du tueur dans ses films criminels.

6 Femmes pour l'assassin, la femme

6 Femmes pour l’assassin, la femme

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