Dressé pour tuer de Samuel Fuller

Dressé pour tuer

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C’est cette année le centième anniversaire de la naissance de Samuel Fuller né 12 août 1912. Cela tombait le lendemain de la clôture de la 65ème édition du Festival del film Locarno lors de laquelle j’avais choisi de rendre hommage au grand cinéaste américain en projetant l’un de mes films préférés des années 80.

Dressé pour tuer

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En 1982, Fuller réalise pour un producteur indépendant Dressé pour tuer (White Dog), adaptation par Curtis Hanson d’un roman de Romain Gary. Film terrifiant sur la racisme (une jeune femme recueille un chien blanc qui a été torturé dès son plus jeune âge par des racistes pour lui faire attaquer à mort tous les noirs qu’il croise sur sa route), le film provoque avant même sa sortie une incroyable polémique sur ses intentions. Des lobbies antiracistes s’opposent à sa sortie et le distributeur Paramount, par crainte du scandale, bloque le film. Quelle honte, quelle bêtise, quelle lâcheté, quelle hypocrisie alors qu’à cette époque les films ultraviolents et sadiques inondaient de sang les écrans. Le film sera longtemps invisible ou presque, avant que Criterion n’en propose enfin le DVD il y a quelques années. Sans exagération aucune, je pense que Dressé pour tuer est un chef-d’œuvre, un sommet dans la carrière de Fuller et l’un des rares films maudits du cinéma contemporain. Là encore, il faudra attendre une réhabilitation tardive et posthume qui n’est toujours pas complète. Fuller confirme une fois pour toutes avec ce film qu’il est le grand cinéaste de la violence, filmée sans fioriture ni fascination mais dans son horreur brute. La mise en scène est parfaite avec ce mélange de sobriété et de baroquisme qui caractérise Fuller, aidé ici par un Ennio Morricone en très grande forme lui aussi. Écœuré par la polémique autour de White Dog, Fuller s’exilera en France, dans l’espoir d’y trouver plus de respect et de compréhension. Hélas, les cinq pauvres films et téléfilms qu’il parviendra à tourner en Europe sont de pâles ersatz de ses films américains. Le cinéaste accepte les hommages. Il recevra en 1993 un Pardo d’onore pour l’ensemble de son œuvre au Festival del film Locarno. Il continuera surtout de prodiguer avec générosité conseils et aphorismes sur Hollywood, le métier de cinéaste et de scénariste à ses nombreux admirateurs, jeunes cinéphiles et réalisateurs du monde entier, jusqu’à sa mort le 30 octobre 1997 à Los Angeles, dans les bras de sa femme Christa, épousée en 1967.

Dressé pour tuer

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5 Responses to Dressé pour tuer de Samuel Fuller

  1. Pingback: Les meilleurs films des années 80 / Best films of the 80’s | Olivier Père

  2. Guillaume says:

    J’acquiesce sur les éloges faits à “Dressé à tuer”…grand, très grand film, également l’un de mes préférés des années 80.
    La musique de Morricone est superbe et plusieurs scènes sont inoubliables (l’église, le tournage, les scènes de dressage, la fin)…un film déchirant, magnifique.
    J’aimerais beaucoup voir le making of que Fuller avait présenté à la sortie du film au festival de Strasbourg (si mes souvenirs sont bons)

  3. Pas de DVD français hélas, mais un bon DVD américain dans la collection économique de Criterion. film génial.

  4. Rémi says:

    J’essaierai de voir ça un de ces jours, merci pour la piqûre de rappel !

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