Locarno 2012 Day 11 : Renato Pozzetto

Renato Pozzetto

Renato Pozzetto

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Figure emblématique de la comédie italienne des années 70 et 80, Renato Pozzetto recevra lors de la prochaine édition du Festival del film Locarno (du 1er au 11 août) un hommage mérité pour l’ensemble de sa carrière d’acteur et de réalisateur, en sa présence, avec des projections et une rencontre avec le public. Né le 14 juillet 1940 en Lombardie, Pozzetto débute sa carrière au cabaret dans les années 70 et devient célèbre en formant un duo de chansonniers comiques avec Cochi Ponzoni, enchaînant les succès. Ils fondent ensemble le temple du cabaret milanais, le « Zelig ». Le duo triomphe également à la télévision en participant à de nombreuses émissions de variétés et de divertissement. On se rend compte aujourd’hui du génie comique de ce couple capable de trouvailles absurdes et surréalistes, dignes du meilleur music-hall et profondément originales et novatrices, avec des numéros et des chansons qui sont entrés au panthéon de la culture populaire italienne et appartiennent à l’inconscient collectif de plusieurs générations de téléspectateurs. Après sa séparation avec Cochi, Pozzetto devient une silhouette familière du cinéma populaire italien, accédant vite à la célébrité avec des comédies a succès.

Renato Pozzetto entre Vittorio Gassman et Edwige Fenech dans Je suis photogénique

Renato Pozzetto entre Vittorio Gassman et Edwige Fenech dans Je suis photogénique

Avec sa silhouette toute en rondeur, sa bouille de clown lunaire toujours entre somnolence, ahurissement et consternation, son accent milanais à couper au couteau, Renato Pozzetto est l’idiot poétique de la comédie italienne, la victime désignée d’un genre sadomasochiste par excellence où les rapports de domination et de soumission forment le socle d’une multitude de situations ancrées dans la réalisé socioculturelle et politique de l’Italie. Loin du cabotinage hystérique des grands acteurs italiens, il impose une forme de placidité candide avec son regard de chien battu et sa silhouette toute en rondeurs. Il es l’homme sans qualité par excellence avec néanmoins une personnalité lunaire, enfantine et atypique, à la masculinité beaucoup moins affirmée que les Gassman et autres Tognazzi que sauront mettre en valeur des cinéastes de talent comme Lattuada, Bolognini et Festa Campanile.

A partir de 1974 il enchaîne les films et on le voit dans La poliziotta de Steno (1974) – un réalisateur qui le fera souvent tourner – avec Mariangela Melato, La baby sitter de René Clément (1975)…

Dans les années 70 et 80, Pozzetto devient l’un des ténors de la comédie « basse » italienne aux côtés des Lando Buzanca, Luigi Poretti, Lino Banfi, Tomas Milian, Adriano Celentano, Alvaro Vitali, …

Renato Pozzetto sur le tournage de son film Un amore su misura

Renato Pozzetto sur le tournage de son film Un amore su misura

Abonné aux comédies populaires, dans lesquelles il excelle, Pozzetto a aussi travaillé avec quelques uns des meilleurs auteurs du genre : Dino Risi avec Je suis photogénique (Io sono fotogenico, 1980) ou il trouve son meilleur rôle, celui d’un provincial obsédé par le cinéma qui rêve de devenir acteur malgré une absence évidente de talent. Alberto Lattuada avec Oh Serafina ! (1976, chef-d’œuvre libertaire) mais aussi Steno, Sergio et Bruno Corbucci, Pasquale Festa Campanile savent faire bon usage de ses talents comiques et de sa personnalité hors normes. Comme de nombreux comédiens italiens, Pozzetto est passé avec un certain succès à la mise en scène avec des films plus qu’intéressants comme Saxofone (1979) et Un amore su misura (2007) chant du cygne de l’art comique de Pozzetto et fable désabusée, digne d’un Marco Ferreri sur la société du plaisir et des apparences, où l’homme peut acheter la femme de ses rêves. En tant que directeur artistique de Locarno et amateur de la comédie italienne, c’est un bonheur que d’accueillir l’un de ses derniers grands représentants, interprète de quelques-uns de mes titres préférés du genre, Oh Serafina ! et Je suis photogénique, sans oublier le très étrange Gran Bollito (1977) de Mauro Bolognini et ses acteurs travestis, l’amusant Personne… n’est parfait ! (avec la sublime Ornella Muti à laquelle nous rendrons également hommage à Locarno cette année) et le délirant Bataillon en folie (Sturmtruppen, 1976) de Salvatore Sampieri, qui retrouve l’humour surréaliste des spectacles de cabaret de Pozzetto… Autant de films cultes d’un acteur à redécouvrir et à saluer, grâce au Festival del film Locarno et un dossier complet de la revue de cinéma italienne Nocturno qui paraitra juste avant le début du festival.

Renato Pozzetto sera sur la scène de la Piazza Grande pour la clôture du festival ce soir. Auparavant, en début d’après-midi le public pourra assister à une conversation avec l’acteur modérée par Manlio Gomarasca, rédacteur en chef de la revue Nocturno.

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