La Mouche noire de Kurt Neumann

Affiche américaine de La Mouche noire

Affiche américaine de La Mouche noire

Après avoir traumatisé plusieurs générations de spectateurs, La Mouche noire (The Fly, 1958) de Kurt Neumann (seul film notable d’un tâcheron notoire) est célèbre aujourd’hui pour avoir engengré le magnifique remake de 1986 signé David Cronenberg, tout aussi inoubliable mais chargé d’une dimension émotionnelle insurpassable. Nous en avons parlé ici il n’y a pas longtemps. Mais le film original ne manque pas de qualités et constitue lui aussi un jalon important dans le cinéma fantastique et de science-fiction, par ses audaces et ses innovations. Le charme suranné de la science-fiction hollywoodienne n’est pas incompatible avec un traitement adulte du sujet. Loin de l’esthétisme surchargé des contes gothiques et des histoires de savants fous émules du baron Frankenstein, le scientifique de La Mouche noire est un honnête père de famille et le film se déroule dans le cadre paisible de la ville de Montréal. Un savant génial qui se livre à des travaux révolutionnaires sur la téléportation de la matière est la victime d’un accident. Au cours d’une expérience dont il était le cobaye, ses molécules se mélangent avec celles d’une mouche. L’infortuné chercheur se retrouve avec une tête et un membre monstrueux, tandis que l’insecte vole dans la maison avec sa tête et sa main. Il commence par cacher l’effroyable situation à sa femme, reclus dans son laboratoire, puis finit par lui révéler le drame. Bénéficiant d’un budget confortable et d’excellents quoique discrets effets spéciaux, tourné en Cinémascope couleur, La Mouche noire est encore capable d’effrayer les spectateurs les plus blasés, par la cruauté de son histoire et quelques scènes chocs, comme la vision de la mouche à tête humaine captive d’une toile d’araignée. En revanche, le scénariste n’a pas osé aller jusqu’au bout de l’horreur – contrairement à Cronenberg – en préférant à une narration subjective un récit en flash-back raconté par l’épouse du savant. Le véritable héros du film n’est pas l’homme mouche mais son frère incrédule, interprété par un ténor du macabre, Vincent Price pour une fois dans un rôle « normal ».

Le succès du film engendrera deux suites inférieures à l’original et tournées en noir et blanc : Return of the Fly d’Edward Bernds (1959) toujours avec Vincent Price et Curse of the Fly de Don Sharp (1965) produit et tourné en Angleterre avec une équipe différente des deux premiers films.

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