Hitoshi Matsumoto parle de Saya Zamurai

Hitoshi Mastumoto sur le tournage de Saya Zamurai

Hitoshi Mastumoto sur le tournage de Saya Zamurai

A l’occasion de la sortie française aujourd’hui du génial Saya Zamurai (Urban distribution), découvert en première internationale sur la Piazza Grande du Festival del film Locarno l’été dernier, le réalisateur Hitoshi Matsumoto répond à nos questions.

1 – Comment sont nés l’idée et le projet de Saya Zamurai, votre troisième long métrage ?

Cela faisait un moment que je pensais à un film qui aurait pour sujet le « seppuku » (suicide rituel par éventrement). Le « seppuku » est une tradition culturelle unique et propre au Japon. Avec ce thème à l’esprit, et la décision de faire un film interprété par Takaaki Nomi et Kazuo Takehara, j’ai commence à inventer une histoire.

2 – À quel moment avez-vous décidé de ne pas jouer dans votre propre film, pour la première fois.

Cela faisait un moment que j’avais envie de ne pas jouer dans un de mes films et de me concentrer uniquement sur la mise en scène. Mais l’année dernière j’ai subi une opération à la hanche, avant le tournage de Saya Zamurai, et c’est devenu un excellent prétexte pour ne pas jouer dans le film.

3 – Pour chacun de vos films vous inventer une nouvelle forme de récit mais aussi de tournage. Quel était le défi de Saya Zamurai du point de vue du scénario et de la mise en scène ? 

Il s’agissait de réaliser un film avec un acteur principal qui ne sait même pas qu’il est en train de jouer dans un film. C’est peut-être difficile à croire, mais l’implication de Takaaki Nomi a été totale et passionnelle sur le tournage. Je pense que le fait de l’avoir choisi pour le rôle fut mon plus grand défi sur Saya Zamurai.

4 – Saya Zamurai est votre film le plus émouvant et sentimental : vouliez-vous dépasser le genre comique, surprendre vos admirateurs et élargir votre public habituel ?

Dans mes deux longs métrages précédents, j’avais le désir de bousculer et même de détruire l’idée que les spectateurs peuvent se faire d’un film de cinéma. Cette fois-ci, j’avais davantage conscience de respecter certaines règles. Si Dai Nipponjin et Shinboru se rapprochaient de la peinture abstraite, alors Saya Zamurai est une toile figurative, un paysage.

5 – Vos trois films sont absolument uniques, ne ressemblent à rien d’autre dans le cinéma. Où puisez-vous votre inspiration ?

Je n’aime pas m’inspirer d’autres films ou cinéastes, même si pendant le tournage de Saya Zamurai j’ai pensé à Paper Moon de Peter Bogdanovich. J’accumule les idées dans ma tête, pas tant que cela, et j’en sors une lorsque je veux faire un film. Pour moi, faire des films ne m’apporte aucune satisfaction personnelle, c’est plutôt une forme de service spirituel que j’offre au public en le surprenant. C’est ça qui me motive.

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Saya Zamurai (2011)

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