Le Survivant de Boris Sagal

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Avant les différentes versions cinématographiques (la dernière date de 2007, avec Will Smith, pas vue), il y a un chef-d’œuvre de la littérature de SF, publié en 1954. Le romancier Richard Matheson (« Journal d’un monstre », « L’Homme qui rétrécit », « Le Jeune Homme, la mort et le temps ») est un des fondateurs de  la science-fiction américaine moderne. Matheson devint par la suite un scénariste très productif de la firme AIP, en adaptant notamment les nouvelles de Poe pour Corman. En Grande-Bretagne, il collabore au scénario de deux très bons films de sorcellerie : Night of the Eagle de Sidney Hayers et Les Vierges de Satan de Terence Fisher. Il écrivit également des romans policiers et des épisodes de « The Twilight Zone », avant de participer à la réussite de Duel du débutant Spielberg. « Je suis une légende » est une modernisation du mythe du vampire. Le vampirisme n’y est plus appréhendé comme une malédiction mais comme une maladie contagieuse (un virus a transformé la population mondiale en monstres photo phobiques assoiffés de sang), anticipant l’horreur génétique des premiers films de Cronenberg. Matheson se déclara insatisfait de The Last Man on Earth (1964), la première adaptation de son roman, coproduction italo-américaine réalisée par Sidney Salkow et Ubaldo Ragona selon le principe des doubles versions. Pourtant, tourné avec un budget minimaliste dans la banlieue désertique de Rome et porté par l’interprétation géniale de Vincent Price, cette bande post apocalyptique distille un climat d’angoisse dont Romero se souviendra lorsqu’il réalisera La Nuit des morts-vivants, sur un postulat d’ailleurs assez proche. Le Survivant (The Omega Man, 1971) de Boris Sagal (un transfuge de la télévision), palpitant thriller de science-fiction, entérine le statut de surhomme futuriste de Charlton Heston, après La Planète des singes et Soleil Vert. Série B de luxe, surfant sur la mode des films catastrophe mais aussi de la « blaxploitation » et anticipant le filon post apocalyptique qui triomphera dans les années 80 avec New York 1997 et Mad Max, Le Survivant est un must pour les amateurs de science-fiction des années 70 et contient quelques passages magnifiques, comme les déambulations de Charlton Heston dans un Los Angeles désertique, le même se projetant Woodstock dans une immense salle de cinéma vide, les assauts nocturnes des contaminés à l’apparence de vampires albinos encapuchonnés, conduits par un chef de secte aux allures de Jim Jones… Un pur produit « camp » comme savait en fournir Hollywood dans les années 70.

Affiche américaine du Survivant

Affiche américaine du Survivant

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