Antonio Das Mortes de Glauber Rocha

Antonio Das Mortes (1969)

Antonio Das Mortes (1969)

Glauber Rocha sur le tournage d'Antonio Das Mortes

Glauber Rocha sur le tournage d'Antonio Das Mortes

Antonio Das Mortes (O Dragão da Maldade contra o Santo Guerreiro, 1969) est l’un des grands chefs-d’œuvre (avec Terre en transe, 1967) de Glauber Rocha (1939-1981), chef de fille du « Cinema Novo » brésilien et immense cinéaste qui, au même moment que Pasolini en Italie, Fassbinder en RFA et Oshima au Japon, pour ne citer que les auteurs les plus emblématique des nouveaux cinémas des années 70, a inventé un cinéma authentiquement révolutionnaire, en lutte contre l’axe tout-puissant Hollywood-Cinecittà-Mosfilm, et qui puisait sa force et sa matière dans l’histoire et la culture populaire du Brésil. Après Le Dieu noir et le diable blond (1964) qui le fit connaître dans le monde entier, Glauber Rocha, génie turbulent et charismatique, disciple d’Eisenstein et de Buñuel pour le formalisme baroque et le mysticisme athée de son œuvre, réalise avec Antonio Das Mortes un hymne politique et poétique qui laisse pantelant : c’est l’histoire d’un mercenaire, Antonio Das Mortes, chargé par un riche propriétaire d’assassiner un agitateur qui se prend pour un grand « cangaceiro » à la tête d’une bande de paysans faméliques et d’illuminés de toutes sortes. Sa tâche accomplie, et après l’intervention de cruels tueurs à gages, Antonio change de camp et se range du côté des déshérités. Replacés dans le contexte effervescent et éminemment militant de l’après 68, Antonio Das Mortes et son univers riche en dérision, en violence et en lyrisme apparaissent comme le versant radical et tiers-mondiste du western italien commercial cynique et impur. À ce couple Leone/Pasolini, emblématique de la circulation effervescente entre le cinéma d’auteur et le cinéma populaire en Italie, répond outre-Atlantique un doublon symétrique poète/conteur, avec encore la latinité comme dénominateur commun : un réalisateur maniériste fasciné par le Mexique et victime des studios, Sam Peckinpah, et un cinéaste brésilien insurgé, Glauber Rocha (Antonio Das Mortes, à sa façon un nouveau western).

Affiche de la reprise française d'Antonio Das Mortes

Affiche de la reprise française d'Antonio Das Mortes

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