Les Chants de Mandrin de Rabah Ameur-Zaïmeche

(english version)

Les Chants de Mandrin (Prix Jean-Vigo 2011) fut présenté en première mondiale en compétition internationale lors du dernier Festival del film Locarno. Il sort demain dans les salles françaises, distribué par MK2. A voir absolument.

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Le quatrième film de Rabah Ameur-Zaïmeche part sur les traces des compagnons de Louis Mandrin, célèbre brigand, révolutionnaire et contrebandier du XVIIIe siècle, adoré par le peuple et craint par les puissants. Après la mort de Mandrin, écartelé en place publique, ses amis continuèrent son projet utopique, créant une économie parallèle dans les campagnes françaises, en volant des marchandises aux riches et en les vendant à bas prix aux paysans, pourchassés par l’armée. Avec aussi la volonté de propager les idées de Mandrin, à la manière des apôtres en cherchant à faire éditer de manière clandestine ses écrits. Les Chants de Mandrin, écrit, produit, réalisé et interprété par RAZ, avec la même formidable troupe d’acteurs que dans Dernier Maquis, dont il est un prolongement direct, ouvre une perspective historique et lyrique dans l’œuvre du cinéaste, pour mieux parler du monde actuel plutôt que d’illustrer une époque révolue. C’est son film le plus optimiste, pour la simple raison sans doute qu’il se situe dans le passé, à une époque où le rêve, l’utopie, la révolte et l’espoir étaient encore possibles. Mais cela reste un film au présent, avec un mélange de licence poétique et de recherches historiques. Il y a dans le film un travail remarquable sur la langue française, avec des résonnances très actuelles. Si Dernier maquis évoquait le Renoir de Toni, nous sommes ici dans une filiation directe avec La Marseillaise. Et si Dernier maquis était un western en huis clos, comme Rio Bravo de Hawks, Les Chants de Mandrin goûte à l’ivresse des grands espaces, des chevauchées et de la vie sauvage, comme dans les films d’Anthony Mann. La présence de Jacques Nolot, en aristocrate solidaire de la cause des contrebandiers, apporte une note poétique supplémentaire à une œuvre qui confirme la place essentielle, unique et résistante de RAZ dans le cinéma français. Et pas seulement français.

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