Le Coup de l’escalier de Robert Wise

Le Coup de l’escalier de Robert Wise ressort en salles mercredi 25 janvier en copies neuves, distribué par l’excellent Swashbuckler Films. Il est déjà disponible en DVD aux éditions Wild Side dans la collection « Les Introuvables ».

Le Coup de l’escalier (Odds Against Tomorrow, 1959) est considéré, avec Ultime Razzia de Kubrick, réalisé trois ans plus tôt, comme le chant du cygne du film noir. Les deux films ont pour influence commune le classique Quand la ville dort de John Huston, et sa thématique de l’échec appliquée à la préparation, puis à la réalisation d’un casse. Le film de Kubrick est plus baroque, celui de Wise plus subtilement stylisé. Wise est un cinéaste sans grande personnalité mais responsable de plusieurs films qui sont des modèles dans des genres aussi variés que la comédie musicale, le fantastique, le western, la science-fiction ou le polar (à l’instar de son contemporain Richard Fleischer, mais avec moins d’éclat). Le Coup de l’escalier compte parmi ses plus belles réussites. Jean-Pierre Melville adorait Le Coup de l’escalier, cousin américain de Bob le flambeur et du Doulos avec lesquels il partage une certaine poésie du bitume, le goût des petits matins blêmes et des ambiances jazzy. A New York (ville superbement filmée en noir et blanc par Wise, comme elle le sera deux ans plus tard en CinemaScope couleur dans West Side Story, démonstration de la versatilité du cinéaste), un ancien flic corrompu engage un chanteur de cabaret criblé de dettes et un vétéran de la Seconde Guerre mondiale pour organiser le hold-up d’une banque. Petit détail : le chanteur (Harry Belafonte) est noir et le vétéran (Robert Ryan) est raciste. Le film doit beaucoup au personnage génialement interprété par Robert Ryan, crapule vieillissante, odieuse et pathétique, dont le racisme viscéral déclenchera la catastrophe finale, une explosion parmi les plus célèbres de l’histoire du cinéma et une conclusion à l’ironie féroce (attention « spoiler ») : personne de pourra identifier les corps carbonisés des deux ennemis mortels, distinguer le Blanc du Noir. Malgré sa réputation de plaidoyer antiraciste, Le Coup de l’escalier n’est pas un film à thèse, mais une œuvre profondément pessimiste où le racisme est une erreur ou une faiblesse parmi tant d’autres.

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