Cowboys & envahisseurs de Jon Favreau

Cowboys & envahisseurs, mariage réussi du western et de la science-fiction, découvert sur la Piazza Grande cet été durant le Festival del film Locarno, en présence de Jon Favreau, Harrison Ford, Daniel Craig et Olivia Wilde, sort après-demain en DVD et Blu-ray, distribué par Paramount. Ce blockbuster s’inscrit dans une tradition vivace du cinéma américain et vient rejoindre la longue liste des films plus ou moins lointainement inspirés de La Prisonnière du désert, qui est devenu au film du temps un titre séminal de l’histoire du cinéma, à l’instar de Sueurs froides, Psychose (Hitchcock) ou La vie est belle (Capra).
La Guerre des étoiles, Taxi Driver, Hardcore, Conan le barbare ne cachent pas leur dette envers le chef-d’œuvre de John Ford, l’histoire d’une expédition de sauvetage d’une fillette capturée par les Indiens, transposé dans l’espace ou les rues sordides de New York. Cowboys & envahisseurs, sur un mode sans doute plus ludique, remplace les Indiens par des extraterrestres kidnappeurs et orchestre le choc entre La Prisonnière du désert et Alien de Ridley Scott, de l’aveu même du réalisateur Jon Favreau et de son producteur Spielberg, grands admirateurs des deux films.

Cowboys & Aliens de Jon Favreau (2011)

Harrison Ford et Daniel Craig dans Cowboys & envahisseurs (2011)

Cowboys & envahisseurs, réalisé par Jon Favreau et produit par Steven Spielberg, ressemble à un rêve d’adolescent échappé des années 80. L’onde de nostalgie libérée par Super 8 et Attack the Block se poursuit en effet avec ce film qui utilise les technologies les plus modernes pour retrouver la patine des films de science-fiction de notre enfance. Le mélange des genres a souvent été pratiqué depuis  les séries B des années 40 pour attirer l’attention d’un public blasé ou friand de rencontres excentriques. On se souvient d’un étrange dytique daté de 1966 et signé William Beaudine dans lequel Jesse James rencontrait la fille de Frankenstein et Billy the Kid affrontait Dracula. Sans oublier les dinosaures croisant cowboys et indiens dans La Vallée de Gwangi deux ans plus tard. Mais ces reliques d’une autre époque, avatars tardifs des serials du muet, armées seulement de leur imagination délirante, ne pouvaient s’enorgueillir d’une distribution de stars et d’un budget de superproduction. C’est le cas de Cowboys & envahisseurs, qui réunit deux icônes du cinéma d’action, Harrison Ford (alias Indiana Jones) et Daniel Graig (alias James Bond), entouré d’une pléiade de comédiens formidables : la splendide Olivia Wilde, aussi sexy en cowgirl que dans les combinaisons moulantes de TRON: Legacy, Keith Carradine, Paul Dano, Sam Rockwell… Le film, qui présente l’énorme avantage de n’être ni une suite, ni un remake, ni une histoire de super héros (il s’agit de l’adaptation d’un roman graphique), propose comme son titre l’indique un réjouissant cocktail de spectacle à l’ancienne (le western, cinéma américain par excellence) et de créatures de l’espace répugnantes à souhait. C’est le retour de la grande aventure à l’ancienne.

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