Josey Wales hors-la-loi et Un monde parfait de Clint Eastwood

A ne pas rater à la Cinémathèque française, dans le cadre de l’hommage qui lui est consacré, deux films majeurs de Clint Eastwood : Josey Wales hors-la-loi (dimanche 18 décembre à 16h30) et Un monde parfait (mercredi 28 décembre à 21h30 et dimanche 8 janvier à 21h15).

Josey Wales hors-la-loi (1976)

Clint Eastwood dans Josey Wales hors-la-loi (1976)

Josey Wales est un paisible fermier dont la famille a été massacrée par des « jambes rouges », milices paramilitaires exécutant les basses besognes des troupes nordistes. Laissé pour mort, il rejoint les guérillas sudistes du Missouri, refuse de se rendre lors de la défaite et poursuit seul sa vengeance. Le second western de Clint Eastwood, réalisé en 1976, bénéficie d’un très beau scénario de Philip Kaufman, qui commença le tournage avant que la star ne le remplace. Eastwood a retenu la leçon de son maître Sergio Leone. Il intègre un hyperréalisme trivial à un traitement original de l’histoire des États-Unis (le film est basé sur un épisode occulté de la Guerre de Sécession) empreint de lyrisme et de truculence. Les personnages folkloriques que croise Josey Wales sur sa route lui volent systématiquement la vedette. Cette réflexion sur la violence, magnifiquement photographiée et à la lenteur élégiaque, demeure un des meilleurs films d’Eastwood et un des plus grands westerns des années soixante-dix, salué en son temps par Orson Welles, bien loin des effets superficiels de l’époque.

Un monde parfait (1993)

Clint Eastwood dans Un monde parfait (1993)

Un monde parfait (1993) est l’un des chefs-d’œuvre indiscutables d’Eastwood.
Le cinéaste aborde les années 90 en état de grâce. Impitoyable s’avère être un adieu magistral au western. Un monde parfait renouvelle le miracle. Deux prisonniers, Butch et Terry, s’évadent d’un pénitencier et prennent un petit garçon en otage pour protéger leur fuite. Prenant conscience de la folie de son complice, Butch l’abat et devient l’ami du gamin. Le hors-la-loi est traqué par une criminologue et un ranger vieillissant, qui fut autrefois responsable de l’emprisonnement de Butch et qui, pris de remords, souhaite mettre un terme à la cavale sans effusion de sang. On retrouve dans Un monde parfait la relation d’admiration et de filiation ambiguë entre un adulte marginal et un enfant déjà au cœur du magnifique Honkytonk Man. Une fois de plus, Eastwood malmène sa propre mythologie : frappé par la limite d’âge, il interprète le flic à la mauvaise conscience et préfère confier le rôle principal à la star Kevin Costner, alors au sommet sa gloire et ici remarquable. Un monde parfait n’est ni un polar rural, ni un « road movie » élégiaque, ni une chronique rétro mais bien un récit d’apprentissage tragique et d’héritage impossible dans lequel un enfant est plongé dans un monde de violence et de mort, où la figure paternelle prend l’apparence d’un être inadapté aux règles sociales et condamné à croupir derrière les barreaux, à errer et à être tué. Le film suit une trajectoire au cours de laquelle la naissance de la maturité coïncide avec la perte de l’innocence et des illusions sur la vie. Un monde parfait désigne Eastwood comme le dernier grand cinéaste classique. Sa sobriété naturelle ne l’empêche pas de s’adonner à des élans poétiques comme l’incipit et la fin du film, images ralenties à la fois solaires et mortuaires qui captent le passage de Butch de la vie à trépas, transformé soudain en dormeur rimbaldien.

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