L.A. Zombie de Bruce LaBruce (english version below)

Hustle White avait révélé en 1996 le canadien Bruce LaBruce, dandy exubérant qui convoquait dans son film le glamour hollywoodien et l’érotisme homosexuel en orchestrant la rencontre du Sunset Boulevard de Billy Wilder et du Trash de Paul Morrissey. Depuis, LaBruce poursuit une œuvre underground, gay et provocatrice, s’amusant avec les codes de la culture pop et les références cinéphiliques. Après un détour par l’Allemagne et un film d’horreur atypique, Otto : or, Up with Dead People, LaBruce revient à Los Angeles avec un mélange hardcore où le sexe et le sang se mêlent à la satire sociale et à l’esthétique gonzo.
L.A. Zombie est une plongée onirique dans les bas-fonds, sur les pas d’un sans-abri (le bressonien François Sagat) qui prend parfois la forme d’un zombie et dont l’ardeur virile ressuscite les âmes damnées de la cité des anges, fraîches victimes de morts violentes.
L’inversion audacieuse des conventions du film d’horreur et le traitement narratif minimaliste qui délaisse les dialogues pour se concentrer sur les prouesses sexuelles du zombie évoquent les séries Z expérimentales les plus tordues comme l’avant-garde la plus décapante. Le zombie de LaBruce ressuscite les morts au lieu de dévorer les vivants (d’une manière bien peu orthodoxe), et passe de la vie au trépas (il surgit de la mer à la recherche de sa tombe)… voici les deux plus belles idées – et les plus poétiques – d’un film qui en compte beaucoup plus que bon nombre de films plus longs et plus « traditionnels ».
Derrière des scènes inédites par leur audace graphique se cache une profonde mélancolie. Le film dresse une cartographie originale de Los Angeles filmée au ras du trottoir, des terrains vagues ou des zones urbaines indéfinies, hantés par les zombies bien réels que sont les nombreux clochards que compte la ville. Le zombie est cette créature solitaire et hybride qui évolue dans un entre monde, entre rêve et réalité, et le parallélisme entre cadavres vivants et rebus de la société ajoute une dimension politique à un film réservé aux amateurs – avertis – d’émotions fortes et de cinéma transgenre. L.A. Zombie sort cette semaine à Paris, distribué par Outplay. Il fut présenté en compétition internationale lors de la 63ème édition du Festival del film Locarno, où il ne laissa personne indifférent !

L.A. Zombie de Bruce LaBruce (2010)

L.A. Zombie de Bruce LaBruce (2010)

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