Locarno 2011 Day 7 : Lame de fond de Vincente Minnelli

Durant tout le Festival del film Locarno, la salle Ex-Rex est consacrée à la rétrospective Vincente Minnelli. Aujourd’hui à 11h, on pourra y voir ou revoir Undercurrent (Lame de fond). Réalisé en 1946 entre Yolanda and the Thief et The Pirate, deux chefs-d’œuvre de la comédie musicale, Undercurrent inaugure une vague féconde dans la filmographie de Minnelli : le mélodrame psychanalytique. À ce titre, il ne jouit d’ailleurs pas d’une réputation exceptionnelle chez les admirateurs du cinéaste. En retrait par rapport à des œuvres similaires réalisées par d’autres metteurs en scène hollywoodiens (Rebecca et Suspicion de Hitchcock, Gaslight de Cukor), il apparaît surtout comme une ébauche passionnante des grands films à venir du cinéaste – The Cobweb, Some Came Running – tout en demeurant foncièrement atypique dans l’univers minnellien. En effet, Undercurrent emprunte beaucoup à un genre que Minnelli ne retrouvera jamais par la suite : le film noir. Rien d’étonnant de la part d’un cinéaste bien plus préoccupé par la création d’un paysage psychologique que par les rebondissements d’une intrigue policière. Undercurrent débute comme une comédie familiale que Minnelli savait aussi réaliser : un vieux professeur farfelu, sa fille aimante toujours célibataire (Katharine Hepburn), le garçon d’à côté, prétendant résigné, dans un décor de petite ville américaine. Vieille fille hystérique, l’exubérante Hepburn tombe en arrêt devant un mystérieux et richissime industriel (Robert Taylor), qui l’épouse aussitôt, sans que l’on comprenne vraiment pourquoi (et elle non plus). La rupture de ton est aussi soudaine que brutale et enclenche une longue et ténébreuse exploration intime. Une fois de plus, dans un film de Minnelli, « le personnage, comme l’écrivait Gilles Deleuze, va s’introduire dans le rêve de l’autre ». En même temps que la provinciale nigaude découvre l’univers mondain et sophistiqué de son nouveau mari (scène à la fois cocasse et angoissante de la première réception organisée en son honneur), elle comprend qu’elle a épousé un inconnu, un homme tourmenté qui lui révèle l’existence d’un frère maléfique et détesté dont le seul souvenir l’empêche de jouir du bonheur présent. Undercurrent a parfois des faux airs d’un Laura inversé, réalisé la même année par Otto Preminger. Undercurrent est à redécouvrir car il nous rappelle, si c’était nécessaire, que les meilleurs films de Minnelli sont ses plus tristes. Une deuxième projection aura lieu dans la même salle, le vendredi 12 août à 16h30, présenté par le critique Jean Douchet. Il bénéficiera enfin d’une belle édition DVD à la rentrée, grâce à Wild Side et sa collection « Classics confidential » .

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Undercurrent
(Lame de fond), Vincente Minnelli (1946).

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