Locarno 2011 Day 0 : Amarcord de Federico Fellini

Le Festival s’ouvrira le 3 août avec la projection de Super 8 de J.J. Abrams sur la Piazza Grande, mais aujourd’hui nous offrons une projection gratuite aux spectateurs tessinois. Pas n’importe quel film puisqu’il s’agit d’Amarcord réalisé en 1973 par Federico Fellini. Parce que c’est l’été Fellini en Suisse (exposition “Fellini, la grande parade” au Musée de l’Elysée, intégrale à la Cinémathèque suisse) et parce que c’est une œuvre magnifique qui va illuminer les proportions majestueuses de la Piazza Grande, écrin splendide et magique pour un film qui ne l’est pas moins.

Amarcord de Federico Fellini

Amarcord (1973)

Au rythme des saisons et des rites communautaires (fêtes, cérémonies fascistes, enterrements, mariages), la vie d’un bourg de Romagne dans les années 30. Il s’agit d’une chronique autobiographique rêvée (« amarcord » signifie « je me souviens » en dialecte riminese ou en patois romagnol), où Fellini mêle à quelques souvenirs d’enfance ses fantasmes sexuels, ses visions oniriques et son goût pour les récits digressifs et truculents. Réalisé après Roma, un autre voyage dans la mémoire intime d’un artiste et l’inconscient collectif d’un pays en quête d’histoire(s), Amarcord est sans doute le chef-d’œuvre de la veine onirico-baroque et nostalgique du cinéaste, avant le sépulcral Casanova. Sans doute parce que Fellini réussit une alchimie magique entre son cirque de trognes tordues et de monstresses aux culs généreux et la petite musique de la vie provinciale, de son ennui et de sa médiocrité qu’il avait déjà dépeint dans son premier grand film I Vitelloni. Malgré ses splendeurs scénographiques, Amarcord échappe ainsi au monumentalisme “son et lumière” et à la surcharge décorative qui menacent les films les plus complaisants du Maestro pour ne jamais quitter le registre du croquis de caricaturiste, de l’anecdote et de la réminiscence. Amarcord nous en met plein la vue et les oreilles (la splendide musique de Nino Rota) à chaque nouvelle vision, peuplé de personnages (La Gradisca, pour ne citer qu’elle) et d’images (l’apparition du paquebot) magnifiques. C’est aussi un des films les plus émouvants et drôles de Fellini, grâce à l’attention et la sympathie que le cinéaste accorde au moindre figurant de cette inoubliable création cinématographique.

Nous aurons l’honneur et le plaisir de présenter le film en compagnie de Sam Stourdzé, directeur du Musée de l’Elysée à Lausanne et fellinien émérite, et surtout de la grande Magali Noël, interprète privilégiée de Fellini et incarnation de la femme fatale pour le cinéaste (on la remarque aussi dans La dolce vita et Satyricon), inoubliable Gradisca qui fait fantasmer les adolescents dans Amarcord. Elle a promis de nous chanter la chanson du film sur scène…

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