Les 10 meilleurs films de 2010 (sortis en France entre le 6 janvier et le 29 décembre)

The Ghost Writer

The Ghost Writer

Comme de nombreux critiques et cinéphiles, je sacrifie à la tradition de la liste annuelle des dix meilleurs films de 2010 (selon moi, et qui a également été publiée dans le numéro spécial fin d’année des « Inrockuptibles »), élargie à (presque) tous les films remarquables que j’ai vu et aimé ces douze derniers mois. On notera la présence d’un film qui n’en est pas tout à fait un (une mini-série produite pour la télévision et diffusée sur le petit écran), mais qui a bénéficié d’une sélection officielle au Festival de Cannes dans sa version télévisée, supérieure à celle, écourtée, qui fut exploitée en salles : Carlos d’Olivier Assayas. Il manque bien sûr les quelques titres que je n’ai pas eus le temps d’aller voir et qui ne sont pas encore sortis en DVD. Unstoppable de Tony Scott ou Scott Pilgrim d’Edgar Wright pour les citer, on y reviendra si cela en vaut la peine. Il y a aussi les films vus dans les festivals (y compris Locarno !) et pas encore distribués commercialement. Ils comptent d’ores et déjà parmi les films les plus attendus de 2011. J’ai ajouté un inédit dont la sortie dans les salles n’est pas garantie.

1 – The Ghost Writer de Roman Polanski
2 – Carlos (version longue) d’Olivier Assayas
3 – Policier, adjectif de Corneliu Porumboiu
4 – Mystères de Lisbonne de Raúl Ruiz
5 – Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu de Woody Allen
6 – Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson
7 – Mother de Bong Joon-ho
8 – Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures)
d’Apichatpong Weerasethakul
9 – Ne change rien de Pedro Costa
10 – Bright Star de Jane Campion

Grands cinéastes en grande forme:
Copie conforme d’Abbas Kiarostami
Au fond des bois de Benoit Jacquot
The Social Network de David Fincher
Invictus de Clint Eastwood
Another Year de Mike Leigh
La Terre de la folie de Luc Moullet
Le Soldat dieu de Koji Wakamatsu
Les Femmes de mes amis de Hong Sangsoo
Film Socialisme de Jean-Luc Godard
Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois
Chantrapas d’Otar Iosseliani
Poetry de Lee Changdong

Outsiders:
Toy Story 3 de Lee Unkrich
Le Temps des grâces de Dominique Marchais
Esther de Jaume Collet-Serra
Jackass 3D de Jeff Tremaine
Ajami de Scandar Copti et Yaron Shani
Eastern Plays de Kamen Kalev
Belle Epine de Rebecca Zlotowski
Rubber de Quentin Dupieux
Memory Lane de Mikhaël Hers
Machete de Robert Rodriguez
Monsters de Gareth Edwards
Alamar de Pedro Gonzalez-Rubio
Everyone Else de Maren Ade
Mardi, après Noël de Radu Muntean
Le Voyage du directeur des ressources humaines de Eran Riklis
Bas-fonds d’Isild Le Besco
La Pivellina de Tizza Covi et Rainer Frimmel
Kick-Ass de Matthew Vaughn
Greenberg de Noah Baumbach
Lenny and the Kids (Go Get Some Rosemary) de Josh et Benny Safdie
Mourir comme un homme de João Pedro Rodrigues
Copacabana de Marc Fitoussi
Piranha 3D d’Alexandre Aja
Le Dernier Exorcisme de Daniel Stamm
Cyrus de Jay et Mark Duplass
Homme au bain de Christophe Honoré
Buried de Rodrigo Cortés
La Reine des pommes de Valérie Donzelli

Un inédit:
Promises Written on Water de Vincent Gallo

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4 Responses to Les 10 meilleurs films de 2010 (sortis en France entre le 6 janvier et le 29 décembre)

  1. Pile says:

    Une question me vient à l’esprit à la lecture de vos films préférés de 2010.

    Pourquoi un film comme Au fond des bois a été montré sur la Piazza, alors qu’il avait visiblement le niveau selon vous pour être en compétition officielle? Doit-on en déduire que pour vous une projection sur la Piazza est plus prestigieuse qu’une place en compétition (ce que je trouverais étrange)? Dans ce cas, pourquoi un film comme Bas-fonds, qui figure également parmi vos favoris est quant à lui en compétition?

    • Cher (ou chère) Pile, merci pour votre question, tout à fait pertinente et qui me permet de parler un peu “cuisine”, de la sélection et de la programmation des différentes sections du Festival del film Locarno. Je ne considère pas la Piazza Grande plus prestigieuse que la Compétition internationale, et l’inverse n’est pas vrai non plus. Une partie de notre travail consiste à inviter mais aussi à programmer les films dans les sections qui nous paraissent le plus appropriées à leurs qualités mais aussi à leur nature. Les deux films que vous citez procurent de bons exemples et sont des cas de figure intéressants. D’abord, il me semble évident que le film d’Isild Le Besco n’est pas un film adapté pour la Piazza Grande, car c’est un film d’auteur à la forme et au sujet d’une grande force cinématographique, saluée au moment de sa sortie en France, mais aussi très sombre et violent, et même choquant, qui ne s’adresse pas au grand public de la Piazza Grande, qui par son nombre impressionnant (8.000 spectateurs quand la place est pleine) réunit des cinéphiles mais aussi des gens souhaitant assister à un spectacle cinématographique de qualité mais accessible et divertissant. C’est la raison pour laquelle Bas-fonds, troisième long métrage d’Isild Le Besco, était en compétition internationale, où il a divisé critique et public (normal pour un tel film, et rares sont les vrais beaux films à créer l’unanimité lors de leur première présentation mondiale.) Le cas d’Au fond des bois est plus complexe. Vous avez raison de sous-entendre que ce film, réalisé par un grand auteur internationalement apprécié et dont les films ont régulièrement été montrés en sélection officielle dans les grands festivals (Cannes, Venise…) aurait pu être en compétition internationale à Locarno. Alors pourquoi la Piazza Grande plutôt que la compétition ? Très admiratif du film, et souhaitant organiser le retour à Locarno de certains grands cinéastes internationaux, j’ai proposé à Benoit Jacquot, mais aussi à son producteur Philippe Carcassone et au vendeur international du film François Yon la plus belle place que je pouvais leur offrir, à savoir l’ouverture du festival, hors compétition qui a lieu sur la Piazza Grande. Cette proposition leur a plu. Ils auraient sans doute été moins sensibles à une invitation en compétition internationale, car elle aurait moins mis le film en valeur, par rapport au statut de Benoit Jacquot. Même si le Festival del film Locarno est un festival compétitif généraliste, ses sélections demeurent historiquement associées aux jeunes auteurs et à la découverte. Je suis personnellement en faveur d’une appréhension plus large de la compétition internationale, qui devrait en théorie pouvoir accueillir un éventail encore plus varié de films. Ouverture aux genres divers et aux documentaires comme nous l’avons initié en 2010, mais aussi mélange de jeunes cinéastes au début de leur carrière et d’auteurs déjà établis. Pour cela, il faut du temps, et des arguments. Benoit Jacquot n’a plus grand-chose à prouver, certains cinéastes reconnus préfèrent toujours être hors compétition plutôt que de se risquer à une place en compétition qui peut leur apporter une récompense mais aussi la déception de ne rien obtenir au palmarès. De plus, Au fond des bois en ouverture de ma première édition à la tête du Festival del film Locarno prenait une valeur emblématique de l’ambition, des choix éditoriaux et de l’exigence que je souhaite apporter au festival sous ma direction artistique. Au-delà des négociations avec les producteurs et vendeurs, des stratégies et des décisions artistiques, l’important est de proposer dans chaque section une sélection forte, originale, surprenante et de qualité. La différence entre Locarno et les autres grands festivals, c’est qu’il n’y a pas seulement différentes sections, compétitives et non compétitives, mais aussi différents publics. En gros, celui de la Piazza Grande, et celui des autres sections (qui va souvent sur la Piazza, mais l’inverse n’est pas si fréquent, hélas.) C’est un facteur important dont il faut tenir compte lors de la programmation du festival. Il est évident que nous écoutons nos goûts, les souhaits des cinéastes, mais aussi les attentes du public de la Piazza. Exercice passionnant et périlleux. Il ne faut jamais mépriser un public désigné comme “populaire”, et il est toujours excitant de lui faire une proposition inattendue et audacieuse, comme le film de Benoit Jacquot en ouverture sur la Piazza Grande. Pas de démagogie, pas de populisme ou de cynisme : seules la passion, l’admiration pour les films et l’envie de les partager guident nos décisions. Mais il faut bien sûr se méfier des choix inconsidérés ou d’une exposition trop dangereuse et disproportionnée pour les films. Le niveau de mise en scène du film Benoit Jacquot, son classicisme fiévreux, ses images splendides rendaient absolument légitime sa place sur la Piazza, malgré un sujet que certains ont pu trouver dérangeant. Je pense que le cinéma est fait pour bousculer les habitudes, déranger les convictions, et susciter des émotions fortes, justement, sans sombrer dans la provocation gratuite. Quant aux films que j’ai aimé en 2010, on a pu ou on aurait pu les retrouver en compétition internationale, sur la Piazza Grande et aussi dans la section “cinéastes du présent” réservée aux premières et deuxièmes œuvres, je n’établis personnellement aucune distinction hiérarchique, qualitative ou artistique entre ces sections, et j’espère que les cinéastes, le public et les médias leur accorderont eux aussi, d’année en année, le même intérêt. J’ai cité dans ma liste les films uniquement déjà sortis en France en 2010, mais j’aurais pu y ajouter des titres encore inédits, qui seront pour certains d’entre eux distribués prochainement : Rare Exports (Piazza Grande), La Lisière, Aardvark, Ivory Tower, Tilva Ros, Foreign Parts (Cinéastes du présent)… J’espère avoir répondu à votre question, et vous remercie une nouvelle fois pour votre curiosité au sujet de Locarno. Très cordialement,

  2. Monsieur,

    Je n’ai pas – encore – vu le dernier film de Bertrand Blier. Question de goût et de priorité. Il est vrai que Blier ne figure pas parmi mes cinéastes français préférés, même si dans mon souvenir la première partie de “Buffet froid” était formidable. Quant à vos allégations elles ne sont guère recevables. D’abord la radicalité n’est pas un critère de qualité. Les “abominations” que vous avez vues à Locarno auraient pu vous en convaincre. Ensuite vous insinuez que je méprise les cinéastes grand public : Olivier Assayas, Woody Allen, Jane Campion, Mike Leigh, Benoit Jacquot, Clint Eastwood, Wes Anderson, David Fincher, Xavier Beauvois, Lee Changdong, Bong Joon-ho seraient donc des auteurs confidentiels dont les films s’adressent à une chapelle ? C’est risible. Inutile de poser Bertrand Blier en victime d’une intelligencia imaginaire, c’est rance. Ce n’est pas à cause de la critique ou des cinéphiles que ses derniers films ont été des ratages artistiques et des échecs publics. Et je suis content pour lui s’il a redressé la pente avec “Le Bruit des glaçons”. Bien à vous,

  3. vindrier says:

    Que faire du dernier film de Bertrand Blier ?
    “Le Bruit des Glaçons” pour lequel , la critique n’a rien vu venir du nouveau modèle de ce cinéaste, ni le directeur du festival de Locarno 2010 où j’ai vu des abominations .Blier signe le film d’auteur le plus radical de cette fin d’année , malheureusement : condamné d’avance pour cause de: cinéaste grand public.

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