Open Doors India!

C’est dans le cadre de l’International Film Festival of India de Goa (où je suis membre du jury de la compétition internationale), importante manifestation annuelle qui rassemble toute l’industrie cinématographique indienne, et de son marché, Film Bazaar of India, que nous avons décidé d’organiser la conférence de presse d’Open Doors. Le lieu et la date tombaient sous le bon sens. Il était temps de communiquer les premières informations sur la prochaine édition du festival, qui se déroulera du 3 au 13 août 2011. Il était bien de le faire en Inde, puisque les producteurs et cinéastes indiens sont les premiers concernés. Open Doors, une des sections officielles du festival del film Locarno, est un laboratoire de co-production organisé avec le soutien et la collaboration de la Direction du développement et de la coopération (DDC) du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Open Doors a pour but principal d’aider les réalisateurs et producteurs de projets sélectionnés (une douzaine seulement) d’un pays ou région du monde (en 2009 la Chine, en 2010 l’Asie Centrale) à trouver des partenaires de co-production, notamment européens, et de réaliser leur film.

Pourquoi l’Inde ? Un peu loin du regard et de l’intérêt des observateurs occidentaux ces dernières années (hormis les fastueuses et exubérantes productions Bollywood capables de ridiculiser en termes de glamour, de star system et d’audience bon nombre de blockbusters hollywoodiens), le cinéma indien revient peu à peu sur le devant de la scène internationale, comme en témoignent quelques films sélectionnés dans les grands festivals. Ce frémissement artistique nous a incité à donner à l’Inde une visibilité exceptionnelle à Locarno en 2011, avec la volonté de promouvoir, d’aider le nouveau cinéma indépendant et les jeunes auteurs indiens.

Dans une salle pleine, et devant une assemblée réactive, nous avons donné officiellement le coup d’envoi de cette opération en compagnie de Nadia Dresti, déléguée à la direction artistique et responsable de l’Industry office de Locarno, qui accueille chaque année un nombre croissant de vendeurs, acheteurs et distributeurs de films du monde entier. Beaucoup de questions à l’issue de la présentation, sur les modalités d’inscriptions des projets, la représentation épineuse des différentes langues et régions du « continent » indien, … (Autant d’informations qui sont disponibles dés à présent sur le site du festival.) Open Doors s’intéressera bien sûr à toute l’Inde, sans négliger aucun foyer de production cinématographique, ni aucune culture linguistique. Martina Malacrida, responsable d’Open Doors et sa collaboratrice Natalie Soldini n’étaient pas du voyage (d’autres déplacements sont prévus pour l’année à venir), mais nous avons présenté nos experts indiens, amis de longue date du festival et éminents spécialistes de la production indienne, qui vont nous aider dans la prospection des projets, et la préparation de la prochaine session. Sunil Doshi, Meenakshi Shedde et Uma Da Cunha, qui se consacrera plus particulièrement à l’élaboration d’une rétrospective sur le cinéma indien qui accompagnera Open Doors et permettra au public de Locarno de voir ou revoir un florilège de chefs-d’œuvre et de titres importants de l’histoire extraordinairement riche du cinéma indien, dans des belles copies 35mm.

Je dois avouer que je connais mal le cinéma indien. J’ai vu moins de films indiens que de films japonais, chinois ou russes, ne me demandez pas pourquoi. Cependant, au-delà des classiques incontestés du grand maître de Calcutta Satyajit Ray, une poignée de films ont été des éblouissements durables. Étoile cachée, Subarnarekha et Raison, discussion un conte sont es titres les plus significatifs de Ritvik Ghatak (1925-1976, sans doute le plus grand poète, moderne et politique, du cinéma indien. Pyaasa (L’Assoiffé) de Guru Dutt (1957) est un sublime mélodrame découvert avec beaucoup de retard au festival de New Dehli en 2004. Sans oublier Le Vagabond (Awaara) de Raj Kapoor (1951), la figure légendaire du cinéma indien, son Charles Chaplin. Quant à Mother India (version 1957, il existe cinq versions réalisées entre 1932 et 1992, de même que Devdas a été filmé sept fois), c’est un chef-d’œuvre lyrique à la hauteur de son immense réputation. Autant de films (et bien d’autres) que nous tâcherons de montrer à Locarno, en souvenir des liens étroits que le festival a toujours entretenu avec les grands auteurs indiens (de Ghatak à Adoor Gopalakrishnan en passant par Mani Ratnam), et des grands moments d’émotion et de plaisir engendrés par la projection de Lagaan sur la Piazza Grande en 2001. Et surtout, pour préparer le futur du cinéma indien qui passera, nous n’en doutons pas, par notre festival.

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